S’abandonner à cette terre, Sur l’ébène couché au flanc de ses cheveux, Les collines ondoient au battement des brises. Tandis qu’un arbre mort, déplie l’espace noueux De son ombre pointue, sur l’herbe aux humeurs grises. Un chemin de roches serpente vers l’azur Où ton regard brisé dépose ses éclats. Alors seul, tu t’égards et verses l’écriture Qu’un appel de sable glisse, ému, sous ton pas. Par delà l’arc en feu d’un champs de tournesols, Ton rire à fleur de sang, va se noyer, torride, Au creux du flot dormant des sables, ou se console La nature épuisée par l’horizon sans rides. Si la voie bleue de l’heure, t’attire à cet instant, En des voyages chauds où tes sens s’évaporent, C’est parce qu’un écueil sur le parcours des ans, A déposé ses vœux sur la peau de ton corps. Il ne te reste plus qu’à suivre ton instinct, Empreint de certitudes et baigné d’harmonie, Jusqu’à ce devenir où les cris prendront fin, Et tu sauras alors ce que les mots t’ont dit… La sagesse est un fruit que le soleil éclate, Et son sucre est liqueur aux désirs de ton âme. L’abandon a mûri aux envies qu’il convoite, Et tes gestes ont bâti ce que la vie acclame. Pierre Latrasse. |